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L’histoire de la ligne

Se déplacer en France avant 1870

En 1865, la France s’est déjà dotée d’un réseau ferroviaire très développé. La longueur totale des lignes dépasse les 13 000 kilomètres. Il apparaît important, à cette époque d’étendre le tissu ferroviaire jusqu’aux petites villes pour améliorer la vie économique et sociale des régions.

En effet, en dehors des lignes de chemin de fer, le territoire est relativement impraticable, principalement constitué de chemins de terre, et les moyens de locomotion, encore très ruraux, sont tractés par la force animale. Les déplacements sont donc limités en distance et en chargement. Afin de ne pas trop alourdir ses charges financières, l’État met en place une convention de concession sur la garantie d’intérêt, afin de permettre à des petites compagnies départementales de mettre en place leur réseau secondaire.

1850
1860
1870
1890

Une voie secondaire en Charente Inférieure ?

En Charente inférieure, plusieurs projets sont examinés, et c’est la ligne Pons – La Tremblade qui va faire l’objet du choix des conseillers. En effet, l’intérêt économique de cette ligne est riche : comme Gémozac, grand producteur de vins et d’eaux de vie, Cozes, le grenier à blé, et les marais salants et parc à huîtres de la Seudre, entre Saujon et La Tremblade.

À cette époque, l’attrait touristique de Royan se limite aux bains de mers, pour les quelques 30 000 estivants- majoritairement bordelais qui
viennent par la route ou par la gironde en bateau à vapeur, un embranchement en direction de Royan suffira à transporter les voyageurs.

Un projet longuement mûri

Le 25 Avril 1868, est créée la Compagnie du Chemin de Fer de la Seudre, qui mettra des années de négociations, d’études, de recherches de financement et de guerre (1870-1871), avant la mise en exploitation le 28 Août 1875.

Il fallait à l’époque 1h45 pour relier Pons à Royan. Le 8 Avril 1876, la voie est terminée entre Saujon et La Tremblade, le temps de terminer les gares de la ligne, et le 25
Juin de la même année le train de 10h20 inaugure la mise en route de la ligne !

Les Trains du Plaisir

Pour attirer la clientèle de baigneurs vers Royan, le Réseau de la Seudre se devait d’offrir des conditions de voyage avantageuses. À cette époque, l’exemple est déjà donné par la Compagnie d’Orléans et la Compagnie des Charentes qui délivrent des billets à prix réduits, valables seulement pour le weekend.

En 1877, la Compagnie de la Seudre donne également son accord pour la vente de ce type de billets sur son réseau. Aussi, dès le mois de juillet, les Premiers « Trains du Plaisir »
parviennent à Royan et amènent des milliers de baigneurs dans la station saintongeaise.

Rachat de la ligne par la SNCF

Dès le début des années 1870, il apparaît qu’une rentabilité sera difficile à atteindre. L’Etat décide donc de mettre la main à la poche pour aider à financer ces lignes secondaires françaises. Les retombées économiques sont immédiates, grâce au chemin de fer, les communes rurales et ostréicoles des rives de la Seudre exportent leurs marchandises hors de leur territoire. Le transport de voyageur permet également de désenclaver la presqu’île d’Arvert dont les voies de mobilité étaient archaïques.

Le Train des Mouettes, Un joli voyage dans le temps !

C’est la dernière et unique ligne départementale encore préservée en Charente. C’est pourquoi elle revit grâce aux efforts combinés du département, propriétaire de la ligne, et de l’association de bénévoles « trains et traction » qui fait rouler les trains.

Au début du 20ème siècle? les travaux ferroviaires couvrent la France de lignes secondaires (Carte des lignes 1914). Il y en a même dans les îles de Ré et d’Oléron.
Aujourd’hui, seule subsiste l’étoile de Saintes qui relie l’ancienne préfecture de Charente maritime à celles des départements voisins (Bordeaux, Angoulême, Niort et aux villes de la côte, La Rochelle, Rochefort et Royan (carte des
années 2000).

C’est le patrimoine des Charentais qui est ainsi préservé et présenté comme dans un musée vivant.
C’est donc une expérience de remontée dans le temps que nous vous proposons. Oubliez le confort d’aujourd’hui, la vitesse et la technologie. Pensez qu’en 1890, date d’ouverture de la ligne, il n’y avait que des chemins de terre, sur lesquels on circulait à pied, en vélo ou à cheval, mais au pas (soit 5Km/h)! L’arrivée du chemin de fer (et oui les rails sont en fer !) correspondent à l’arrivée du progrès. On pouvait désormais voyager à 35 Km/h et transporter des lourdes charges (chaque wagon emporte entre 3 et 10 fois plus qu’un char à bœufs !).
Ce nouveau moyen de transport a permis l’essor économique du territoire en permettant aux huîtres d’être livrées plus vite et plus loin ! En permettant de transporter les Bois exploités dans la forêt de la Coubre et le sel des marais salants du bassin « Marennes Oléron ». C’est toute la presqu’île qui se développe.

Bientôt, les bains de Mer des années d’après-guerre (1920 – 1930) amèront aussi les passagers sur la ligne en direction des plages. Ce sont donc des compositions mixtes qui circuleront sur cette voie (voitures et wagons, voyageurs et marchandises)…

Aujourd’hui, la ligne fermée par la SNCF en 1980, vous accueille de nouveau et nous vous présentons les matériels de cette époque dont la plus ancienne locomotive à vapeur autorisée à tracter un train de voyageurs en France, La SCHNEIDER Modèle « Progrès ». Les voitures sont basées sur des châssis de 1945 et les fourgons sont de 1950.